[Le journal] [Condiments]

[Le journal]
Si on parle un peu cuisine, je pense avoir trop jeûné pour enfourner quelque-chose de consistant. Il faut bien l'avouer, récemment, manger n'a pas été une priorité.

Des belles recettes à l'eau de rose, il y en a pourtant. On en lit partout dans les bouquins, on les voit au cinéma, on se les invente autour d'un café, du nombril ou d'autre-chose; bref, on en bouffe du petit dej' au souper si bien qu'il est quasiment devenu impossible de ne pas être obnubilé par le divin pot et son saint couvercle.

Personnellement, je ne m'en assaisonne pas mal. Pas que je sois forcément doué pour manier la spatule ou éplucher les oignons mais je consomme... évidemment.

Je me revois encore tenant cette boîte de sucre. De la poussière sur le dessus; de la rouille de sur mes mains, je la retire de sa famille métallique et l'emporte je ne sais où pour lui taper dessus à l'aide d'une cuillère dont les mouvements me rappelent à mon assise gargantuesque de l'époque. J'avais 5 ans et apparemment déjà l'appétit des images fortuites...

Aujourd'hui, j'ai tout perdu: la boîte, la cuillère et la mémoire. Le prête mon odorat à pratiquement tout ce qui s'ingurgite dans un soucis de frénésie alimentaire et entretiens ainsi ma ligne de la plus perverse des façons: Je lacère des paquets d'épices et m'étouffe sous des kilos d'emmerdes nettement superflues et laissez moi vous le dire, c'est un régime dont les habitudes meurrent assez difficilement!


# Posté le dimanche 22 juin 2008 11:08

[Le journal] [ Tout près, il y a un endroit... ]

[Le journal] [ Tout près, il y a un endroit... ]
Aimer les gens, c'est comme attraper un courant d'air. Entre une porte et une fenêtre ouvertes, on se trouve à l'orée de deux jardins secrets; l'un donne sur les pousses que l'on a semées, l'autre annonce les flétrissures. Avec ce blanc, avec ce noir, j'ai pensé rester gris. Non pas neutre, ni aigri, simplement gris... Et si c'est une couleur que l'on trouve terne et bien je la déclinerai violemment sur ma palette; en l'éclairant, en la fonçant, je la figerais sur la toile comme j'aimerais me planter dans l'encadrement de cette putain de porte, en défiant ceux que j'aime de me passer sur le coeur et d'y laisser là leur emprunte indélébile...

Une photo, je vous prends dans mes bras et dans cet instantané, plus jamais vous ne partirez; plus jamais je ne partirai.





# Posté le mercredi 11 juin 2008 16:22

[Le Journal] [Gangrène]

[Le Journal]
J'ai peur des fois. J'ai cette panne à l'intérieur. Le chauffage s'éteind lentement et me laisse froid sur le coin des yeux.

Oui oui, même quand je ne dors pas seul, que je suis dans ces bras quelconques, peu m'importe. Dans ces draps quelconques, je simule par tous les orifices parce que le coeur n'y est pas.

Pas comme ça, ce n'est pas ça et je ne prends pas mon pied à l'envers, évidemment. Quelle idée de rompre l'ordre des choses...

Là où l'encre des plaisirs se répand sur moi, le coeur se putréfie... Les belles illusions finissent par se scléroser. C'est d'une facilité déconcertante. Mais pas pour toujours, pas pour moi, juste pour cette fois; parce que c'était prévisible et parce que visible, ça l'était encore plus.

Et... petite précision, je ne suis pas un garçon facile et je ne l'ai jamais été.
# Posté le mercredi 04 juin 2008 16:44

[Le journal] [Cyclothymie]

[Le journal]
Si j'étais un train, je serais de ces carlingues sanguines qui soufflent dans les côtes et dégringolent de l'autre côté du versant. Alimentée de charbon organique, ma locomotive humaine irait s'empaller sans crainte au delà de reliefs euphoriques et sifflerait ses derniers tchou-tchou au fond d'un gouffre.

Si j'étais un train, mes passagers passeraient leur temps à admirer mes paysages intérieurs; ils s'en émerveilleraient et s'en dégouteraient à la fois; ils se réjouiraient peut-être de leur destination ou se détourneraient de leur fenêtre avec lassitude. Sans doute...

Si j'étais l'un de ces trains, j'emmènerais osciller mes wagons sur des rails asserés. Et lorsqu'il faudrait lâcher du leste, je précipiterais quelques contrôleurs dans un ravin de couteaux, par simple mesure préventive. Je n'ai jamais aimé les grèves.

Si j'étais vraiment un "convoi exceptionnel", j'imagine que je finirais bien par me saboter du haut d'une colline. Entre exaltation et déprime, j'aurais toujours ce décallage, ce train de retard qui m'obligerait à sauter en marche pour retrouver l'équilibre, le temps d'un voyage.
# Posté le mercredi 14 mai 2008 14:20
Modifié le mercredi 14 mai 2008 15:20

[Il était une fois...] [Nicole Atkins & The Sea]

A plus de cent mille lieues sous les mers, il est des endroits qu'il vaut mieux laisser derrière soi, hors de soi... On ne peut cependant pas être totalement convaincu de ne pas aller y refaire un tour de temps à autre, pour s'assurer que des bancs de frétillants carnivores ne font pas leurs excréments sur les ruines nostalgiques de nos derniers espoirs: De la bouffe pour poisson.

You can't see me from this view
All the way down
Trailing the procession
I'll hide out a few more days
Then I'll be leaving this place soon

Our hearts are singing out just for you
A cemetery song for summer
And if we knew just what we could do
A cemetery song we'd not sing

I'm sitting over Neptune City
I used to love it
It used to be pretty
I'll come down, walk around a while
Until I'm sure I can never go home again

Maybe if I paid attention
I could learn to love the landscape I was born to
By the river in the rain
Let it make me new again...

credits: Neptune City - Nicole Atkins
# Posté le dimanche 11 mai 2008 14:53
Modifié le lundi 12 mai 2008 04:53