[Le Journal] [Gangrène]

[Le Journal]
J'ai peur des fois. J'ai cette panne à l'intérieur. Le chauffage s'éteind lentement et me laisse froid sur le coin des yeux.

Oui oui, même quand je ne dors pas seul, que je suis dans ces bras quelconques, peu m'importe. Dans ces draps quelconques, je simule par tous les orifices parce que le coeur n'y est pas.

Pas comme ça, ce n'est pas ça et je ne prends pas mon pied à l'envers, évidemment. Quelle idée de rompre l'ordre des choses...

Là où l'encre des plaisirs se répand sur moi, le coeur se putréfie... Les belles illusions finissent par se scléroser. C'est d'une facilité déconcertante. Mais pas pour toujours, pas pour moi, juste pour cette fois; parce que c'était prévisible et parce que visible, ça l'était encore plus.

Et... petite précision, je ne suis pas un garçon facile et je ne l'ai jamais été.
# Posté le mercredi 04 juin 2008 16:44

[Le journal] [Cyclothymie]

[Le journal]
Si j'étais un train, je serais de ces carlingues sanguines qui soufflent dans les côtes et dégringolent de l'autre côté du versant. Alimentée de charbon organique, ma locomotive humaine irait s'empaller sans crainte au delà de reliefs euphoriques et sifflerait ses derniers tchou-tchou au fond d'un gouffre.

Si j'étais un train, mes passagers passeraient leur temps à admirer mes paysages intérieurs; ils s'en émerveilleraient et s'en dégouteraient à la fois; ils se réjouiraient peut-être de leur destination ou se détourneraient de leur fenêtre avec lassitude. Sans doute...

Si j'étais l'un de ces trains, j'emmènerais osciller mes wagons sur des rails asserés. Et lorsqu'il faudrait lâcher du leste, je précipiterais quelques contrôleurs dans un ravin de couteaux, par simple mesure préventive. Je n'ai jamais aimé les grèves.

Si j'étais vraiment un "convoi exceptionnel", j'imagine que je finirais bien par me saboter du haut d'une colline. Entre exaltation et déprime, j'aurais toujours ce décallage, ce train de retard qui m'obligerait à sauter en marche pour retrouver l'équilibre, le temps d'un voyage.
# Posté le mercredi 14 mai 2008 14:20
Modifié le mercredi 14 mai 2008 15:20

[Il était une fois...] [Nicole Atkins & The Sea]

A plus de cent mille lieues sous les mers, il est des endroits qu'il vaut mieux laisser derrière soi, hors de soi... On ne peut cependant pas être totalement convaincu de ne pas aller y refaire un tour de temps à autre, pour s'assurer que des bancs de frétillants carnivores ne font pas leurs excréments sur les ruines nostalgiques de nos derniers espoirs: De la bouffe pour poisson.

You can't see me from this view
All the way down
Trailing the procession
I'll hide out a few more days
Then I'll be leaving this place soon

Our hearts are singing out just for you
A cemetery song for summer
And if we knew just what we could do
A cemetery song we'd not sing

I'm sitting over Neptune City
I used to love it
It used to be pretty
I'll come down, walk around a while
Until I'm sure I can never go home again

Maybe if I paid attention
I could learn to love the landscape I was born to
By the river in the rain
Let it make me new again...

credits: Neptune City - Nicole Atkins
# Posté le dimanche 11 mai 2008 14:53
Modifié le lundi 12 mai 2008 04:53

[Au Pays des Merveilles] [Des cités englouties]

[Au Pays des Merveilles] [Des cités englouties]
A ce moment où l'homme se tient au chant des sirènes et s'accorde doucement à leurs harpes, il n'est plus lieu de jeter d'encre sur des mots de papier. Interprétation.

Je me languis loin de la planche, pieds et poings liés à la proue du vaisseau. Etrangement, aucune lame de fond ne m'empèche de m'enfoncer en tumultes angoissantes. C'est mon dernier saut de l'ange, c'est espérer de ne pas souffrir, c'est en fait plonger sans même avoir appris à nager.

Je les vois trouble ces sirènes et leur sourire docile... Elles réclament mon attention de l'autre côté de la baie... Elle m'ennivrent avec des promesses sans lendemain et moi, je sombre... je me mouille encore, histoire de ne pas déroger au "mythe de l'instant présent".
Répondre à ma peur de déshydratation par une potomanie incontrôlable; boire la tasse, des litres d'eau pour soulager mes lèvres et les abreuver de tentations, oui, c'est ça. Boire, se saouler la gueule comme un marin, c'est là que réside la solution à tous nos problèmes. On boit, on se purifie; on boit, on pisse, on élimine; on boit, on s'offre...

L'histoire n'est pas nouvelle. On se retrouve entre deux eaux en apnée entre quelques mèches de cheveux étouffantes; on se brûle les branchies par vagues de baisers; on descend, l'un dans l'autre, mi-humains, mi-poissons abandonnant méfiances et maillots de bain... Enfin, on pleure toutes les larmes de son corps, l'un sans l'autre, face à des chimères imagées dont on peine à se défaire...

Je me noie... Ou est-ce toi? Car je te regarde du haut de mon rocher sensuel, et je jouis... Un sourire pervers aux lèvres. :)

credits: William Watherouse - The Siren

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# Posté le dimanche 11 mai 2008 14:10
Modifié le lundi 12 mai 2008 04:46

[Au Pays des Merveilles] [Bienvenue]

[Au Pays des Merveilles]
A la charnière de mes univers, l'ancien et le nouveau, il y a un petit personnage reconstitué. Des jouets du temps, il s'est recousu quelques idées non-arrêtées à l'atelier de menuiserie volontairement ouvert au monde.

Le problème avec les portes entr'ouvertes pourtant, c'est qu'elles facilitent les courants d'air. Et lorsqu'on écrit pour se souvenir, quand l'on veut ancrer sa personnalité aux travers de nouvelles serrures comme je le fais, on ne peut jurer de ne plus égarer ses clés.

Je colle souvent mon oreille contre les barrières. Curiosité d'usage. Je frappe chez moi-même, je me frotte les pieds sur les frilosités de paillasson, j'entre, je dis bonjour et j'fais la gueule : les meubles ont bougé. Plus de repères, plus de fenêtres, plus de lumière, plus de porte. Plus de "je", plus de "moi", plus de sortie... Plus de surmoi, moins des autres; plus de questions, moins de réponses.

Ah, vous ne pouvez voir cette scène que d'une fenêtre froide, il faut bien l'avouer. Je m'asseois sur le sofa et je m'écris, psychologie de salon et pantin de bois à l'appui. En toute subjectivité bien sûr, j'objectivise le chemin qu'il reste à parcourir jusqu'au prochain portique.

Mais il fait froid et je me fais mal aux pieds. Car à enfoncer des portes ouvertes puis à faire le trottoir dans les rues étroites de mon labyrinthe mental, je me retrouve comme une vieille pute couverte d'engelures hivernales. Je pousse ma réfléxivité à son paroxysme, deviens conscient comme j'aime l'être et me tiens le plus près de mes sentiments, de ceux des autres pour malgré tout découvrir la triste vérité: rien n'est immuable, surtout pas mon humeur.
# Posté le samedi 03 mai 2008 15:08