[Au Pays des Merveilles] [Chut!]

[Au Pays des Merveilles] [Chut!]
J'ai décidé de rompre le silence. Je le fais parfois. C'est nécessaire. Et pourtant, ce n'est pas par goût du mystère que l'on choisit de ne rien dire. On se taît et c'est tout.

Quand je me réveille le matin et que je me sers cet éternel bol de céréales gorgées de lait, il m'arrive de me paralyser devant la baie vitrée, mécaniquement, le regard neuf, comme à la sortie d'un utérus de maman moins les "slaloms", moins les cris.

Et on est là, à se regarder entre quatre yeux, esquissant des sourires qui ont une vraie simplicité, une vraie signification. Et on se retrouve là, entre amis, dans un mutisme volontaire. On écoute l'air et le soleil chanter en duo : de belles notes qui caressent la nuque, des mélodies de "je n'ai besoin de rien d'autre", des chansons pour mon coeur, pour qu'il reparte en chamades buccoliques.

C'est vraiment ça. Si l'on pense que l'électrocardiogramme s'arrête; que l'on est plus apte à aimer ou qu'il ne se passe rien qui puisse le faire réagir et bien l'on se trompe. On est jamais vraiment mort, on est jamais vraiment muet. Ce sont des silences éloquents.



# Posté le dimanche 27 avril 2008 13:48

[Schyzophrénie en suspend] [Donner son corps à la science]

[Schyzophrénie en suspend] [Donner son corps à la science]
Comme il est fatiguant de se trouver dans un état d'exasperation continu.

Vous lassez votre chaussure, la semelle est déjà déchirée. Vous rendez, dans un mélange de fierté et de soulagement le travail sur lequel vous avez passé des mois: pas un merci, pas un bonjour, uniquement l'ingratitude bien sale d'une usine d'intellectuels porcins gavés d'autosatisfaction. Vous pensez vous être débarassé de votre vaisselle, l'évier est déjà rempli. Vous vous privez toute la semaine pour retrouver un poids correct, c'est la balance qui vous fait la gueule. Vous lisez le tableau des calories d'une soupe et le nombre de millilitres autorisé "par portion" vous donne envie de repeindre les murs. Vous vous saoulez la gueule pour oublier et vos lèvres décident d'aller faire un tour à la case "prise de tête post-apocalyptique adolescente". Et vous soupirez, vous soupirez, vous soupirez, vous rigolez, vous pleurez, vous rigolez en pleurant, vous pleurez en rigolant, vous soupirez jusqu'aux larmes si bien que vous ne savez plus si vous vous marrez ou si vous chialez.

Et puis avec tout ça, on a plus le temps de rien. Il faut se trouver une plage horaire entre deux cases "pas de vie sociale" pour se souvenir de son prénom. Au final, on ne marche pas, on court: on ne regarde pas, on voit défiler; on ne mange pas, on bouffe; on n'étudie pas, on bacle; on n'aime pas, on baise dans les formes; on ne respire pas, on récupère son souffle; on ne ressent pas, on sent juste... qu'on est dans la merde.


Ps: aucun cochon n'a été maltraité durant la rédaction de cette note.

Credits: Wilber by ~obscurityred


# Posté le samedi 12 avril 2008 07:22

[Au Pays des Merveilles] [A vos gants... prêts? partez!]

[Au Pays des Merveilles] [A vos gants... prêts? partez!]
Quand votre vaisselle se dort les cuivres au soleil, c'est qu'il est temps, à votre tour de ressentir la satisfaction du travail accompli.

Je hais faire la vaisselle. Qui aime ça? Cela représente tout ce que l'être humain déteste faire: nettoyer sa crasse. Pire, débarbouiller ce qu'il a pris un plaisir délectable à s'introduire dans le gosier et ce qu'il retrouvera des heures après en tirant la chasse derrière-lui. Tout ce qu'on bouffe, tout ce qu'on défeque est à l'image d'une vaisselle sale.

Mais ne nous y méprenons pas, nettoyer sa fausse porcelaine made in china n'a pas que des inconvénients! Lorsqu'on a les mains dans l'eau, lorsqu'on se brûle la peau sous la vanne vrombissante qui nous dégueule sa pureté douteuse sous l'éponge, et bien là.... Là, on peut frotter. On peut se frotter, s'astiquer le manche cérébral ou autre chose, se racler les pensées, se torcher l'intérieur de la tête à grands renforts de dreft liquide, on peut enfin se récurer et se laisser caresser au fond de l'évier... sans réfléchir. On inspire, on expire. On sourit. La plonge est terminée.
# Posté le samedi 29 mars 2008 10:23

[Il était une fois...] [A Fine Frenzy]

Les goûts littéraires d'Alison sont tout aussi éclectiques, naviguant entre la prose élégante de Jane Austen et les contes irréels et étranges de Lewis Carroll et C.S. Lewis. Le nom du groupe est par ailleurs tiré du 'Songe D'une Nuit d'Eté' de William Shakespeare ("L'½il du poète roule, en sa belle fureur [fine frenzy], Du ciel jusqu'à la terre, et de la terre jusqu'au ciel. L'imagination prête souvent un corps aux choses inconnues ; la plume du poète leur donne forme et confère à des rêves creux un lieu pour résider en même temps qu'un nom). On retrouve dans les chansons d'Alison Sudol les qualités de ses influences: "Dans 'A travers le miroir' de Lewis Carroll, on ne sait jamais où l'on est d'un moment à l'autre, mais à la fin tout prend sens," remarque-t'elle. "On peut se retrouver dans des situations très étranges, mais que cela semble normal. J'aime bien introduire dans mon écriture cette forme de logique un peu tordue."

The paths have been crossed
It comes and goes and is lost
Melancholy phantoms light of skin
Poison apples falling with the wind

Hear the sigh of the trees
Those who enter here never leave

And the rangers scream out to the cabins
They are the hunters
We are the rabbits
Maybe we don't want to be found
Maybe we don't want to be found


La petite chanson qui vous conduit au Pays des Merveilles, une mélodie hantée et liberatrice, ma belle frénésie... Bientôt en vrai, au Botanique : )

credits: A Fine Frenzy - Rangers
# Posté le samedi 22 mars 2008 16:35

[Le Journal] [Cordon Sanitaire]

[Le Journal] [Cordon Sanitaire]
J'me sens très anatomique ces derniers temps : probablement une poussée d'hormones car je crois voir des symboles phalliques un peu partout. Prenez un robinet par exemple, on a bien là la quintescence de l'homme moderne dans toute sa splendeur. Froid au premier contact, ruisselant sa pisse tiède de façon hésitante dans les préliminaires et répendu enfin en pâles excuses après avoir bien joui tout son saoul.

A vouloir s'essorer le coeur dans le lavabo d'un autre, j'ai une fois de plus été jeter un oeil dans la salle de bain sans y être prétendument* invité. Ahahah, je retiendrai au moins cela : l'hygiène irréprochable de celui qui affirme te ressembler ne peut en aucun cas te préserver de te salir les mains... N'est pas technicien de surface qui veut, après tout.

Ici, je lave mon linge sale tout seul! C'est la castration des fluides! Fin des vases communicantes! Il m'a simplement stérilisé de toute parole à son égard... Au moins, la tournure aura été rapide et apparemment, le temps de l'honnêteté a déjà fini avec le bébé et l'eau du bain, au fond d'un trou, noyé dans une mémoire à court terme..."First cut is the deepest".

Calcaire dans la bouche, rouille au coin des yeux... cordon sanitaire quoi.



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# Posté le vendredi 21 mars 2008 17:59
Modifié le mercredi 26 mars 2008 07:28