[Le Journal] [Départ à l'improviste]

[Le Journal] [Départ à l'improviste]
Je suis admiratif de ces gens qui partent à l'étranger et décident de tout quitter ou de mettre leur temps et leur espace de vie actuelle au frigidaire pour une durée indéterminée. Dans le même ordre d'idées, j'ai ressenti une tentation de fuite, de fugue latente durant longtemps. Elle ne relevait pas d'une facilité adolescente non, presque d'une curiosité morbide. Après tout, qu'advient-il lorsqu'on néglige l'accumulation de poussières sur l'étagère de sa jeune vie? Est-ce que l'on se retrouve comme l'un de ces bibelots oubliés que l'on ressort du tiroir une fois ou l'autre à l'occasion des fêtes? Est-ce qu'on se fait souffler comme une bougie d'anniversaire avant de finir en cire fondue dans le coin d'un souvenir? Je ne sais pas. J'ai peut-être besoin de changement, de faire le choix de partir dans un endroit où je n'aurai plus à me demander si oui ou non je ne suis pas en train de manquer une opportunité d'avenir, un espoir amoureux ou une rencontre éblouissante. En cet ailleurs, je laisserais fondre le glaçon, j'apprendrais à déguster autre chose que des routines éphémères, je me rendrais même peut-être utile. Mais quelle est la vraie question finalement? Puis-je déjà abandonner les fondations de ce que je viens à peine de reconstruire? Qu'est-ce qu'on entend réellement par éloignement? Pourquoi la proximité se plaît-elle à installer une distance de sécurité entre le "dire" et le "faire"? Comment on sort du Pays des Merveilles? Merde... est-ce que j'ai besoin de vacances?!
# Posté le lundi 21 janvier 2008 17:25

[Le Journal] [Boulochage]

[Le Journal]
Ca y est, je me sens comme... remaillé. J'aurais préféré tout envoyer balader d'un coup de pied un peu plus tôt mais l'expert manutentioniste qui surplombe lourdement mes rotules semblait ne pas trop apprécier l'idée. C'est ça d'en découdre. On boit du jus de socquette froid, on s'lève dans la torpeur ambiante et on s'endort sans réellement s'en rendre compte, en répétant machinalement les mêmes gestes. Pas à pas, un pied après l'autre, on marche entre deux sommeils et BANG, on se heurte enfin à un élément tangible, on trébuche sur cette chose, sur ce concept qu'on osera appeler réalité, peut-être simplement parce que cela nous arrange... quelle importance?

Je m'suis enfin réveillé... Je me suis réveillé aujourd'hui et j'ai remarqué comme tout allait bien : on en apprend tous les jours Jérôme. Et pourtant... c'est le meilleur sentiment qui existe, cette innocence... j'espère qu'elle restera encore, comme ça, en moi, loin des autres, pour m'y attacher égoïstement; pour leur dire que, contrairement à eux, je sais ce qui est important et ce qui ne l'est pas, ce qui va de paire et ce qui m'importe autant que leurs probables dernières "frasques pédestres".

Ce matin, j'ai enfilé mes chaussettes et je suis parti... Je me suis égaré ainsi sur les routes puis retrouvé pieds-nus, à penser exactement là où l'on ne m'attendait pas, devant chacun d'entre-vous, je fantasmais. J'hallucinais ce fétichisme et ses déshabillés les plus délectables. J'ai couru, j'ai filé, j'ai épanché mille couleurs sur mes joues en feu et je me suis enfin laissé respirer. C'était sincère, j'étais heureux.
# Posté le mercredi 16 janvier 2008 16:59
Modifié le mercredi 16 janvier 2008 18:08

[Au Pays des Merveilles] [Écosystémique des états-limites!]

[Au Pays des Merveilles] [Écosystémique des états-limites!]
"Le « Moi » des « états-limites » serait un faux-moi, comme il y a eu des faux-culs"






C'est la phrase parfaite pour introduire à la table de mes très chers fous quelqu'un qui semble colporter comme des rumeurs de "joyeux non-anniversaire" à ma tendre hilarité.

S'il y a des barrières qu'on accepte allègrement de franchir, des frontières de réel et d'imaginaire qu'on trace entre soi et ses comportements les plus dérisoires, on rencontre parfois une personne comme lui, tout à fait subtile, un chapelier toqué qui oscille entre décallage et narcissisme émotionnel, une petite douceur sur le palet... Un sucre so borderline à qui l'on accepte avec joie de proposer le menu.

Et lorsque deux instables se rencontrent et prennent place, il peut arriver qu'ils aient des conversations "courtoises" à propos de leurs convives, qu'ils usent ainsi de leur génie souvent insoupçonné (sous-estimé) et prouvent bien une fois encore, que l'on peut être dépassé de loin lorsqu'il s'agit de traiter de pathologies limites.

A mon petit Tilman :)
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# Posté le lundi 14 janvier 2008 16:55

[Schyzophrénie en suspend] [Oh mon dieu, mémoire à court terme! Elle s'en va! (Récit tragique)]

[Schyzophrénie en suspend] [Oh mon dieu, mémoire à court terme! Elle s'en va! (Récit tragique)]
"J'ai failli me prendre les pieds dans mes vêtements. Normal, ils jonchent le sol de l'appart depuis plus d'une semaine. C'est la guerre ici. Les tranchées sont creusées, formées par des monceaux de feuilles, du plastique maché et d'autres éléments de latte ou de bics totalement démantelés. DEMANTELES comme moi ! :D Je suis fou. Oh mon dieu. Je suis en train de lacher prise. La pause se termine dans une minute et je n'ai donc que 50,49, ...merde secondes pour écrire ce que je dois dire. Je ne sais pas quoi dire. La première chose qui me vient à l'esprit serait : A l'aide ! Laissez moi gagner au lotto et partir d'ici !!! Syndrome de la fuite, syndrome de la fuite. C'est à se couper les cheveux en quatre cette histoire. Ca y est, il est 16h20 et je vais dépasser de mon planning... Malheureusement j'ai encore genre 3-4 chapitres à terminer (600 pages le livres, vous faites le calcul). Aaaaaaaaaah. Ca fait du bien de crier. Je HAIS la terre entière ! Aaaaaaaah j'ai l'air d'un adolescent rebel en quête d'identité, aaaaaaaaah ! J'essaie d'écrire de façon automatique là : chaussette, bouche, eau, télévision. Bref les éléments d'une vie auxquels je n'ai plus accès. Au moins, c'est drôle. Incontrôlable. Omniscients, ils sont partout. Là, dans ma tête, là sur les murs, ils m'entendent. Ils hurlent. Ils hurlent mon nom. Je suis listééééééééééééééé. BOUH."

Voilà ce qui se passe lorsqu'on est atteint de troubles comportementaux chroniques. Hahaha, vous m'aimez? Je ne suis pas fou vous savez. Bonsoir.

# Posté le samedi 12 janvier 2008 10:26

[Le Journal] ["Mon Décembre"]

[Le Journal] ["Mon Décembre"]
J'ai passé ces nuits de Décembre entre angoisse et mélancolie. Maintenant que j'y pense, j'emmène encore dans chacun de mes sommeils cette sensation infecte de manque qui ne semble plus vouloir quitter ma peau. Ma peau, dis-je, non pas mon esprit... là j'ai déjà donné dans l'indolence. Je ne sais plus comment me défaire de ce manteau de souvenirs tactiles. Nu ou tout habillé, ce vêtement n'en est plus à une angine près. Il est réapparu seul, s'est invité sans crier gare au détour d'un cintre ou sous le sapin de Noël...

Je le porte surtout pour dormir... Dormir et m'écrouler, m'enfoncer dans ses méandres synthétiques, succomber à la strangulation de ses manches, de ces bras qui tels des judas écartaient un jour la neige de mes yeux pour me prouver le lendemain que rien de tout ça ne m'avait jamais appartenu. Heureusement qu'il y a les soldes...

Ainsi, c'est mon corps qui s'évertue à conserver ces impressions en vie. C'est lui qui n'accepte pas l'évidence, non pas les tripes, non pas le coeur, non plus le cerveau que je me suis chargé de gripper à coups de refroidissements mais le corps! Mon instrument de torture, mon bout de viande brûlé à vif, pourquoi le laisser perdre mon temps à façonner des bonhommes de neige imaginaires? J'ai déjà assez de boue à mes pieds, pas la peine d'en rajouter...



# Posté le vendredi 04 janvier 2008 17:14
Modifié le samedi 05 janvier 2008 04:41