[Au Pays des Merveilles] [Arrogance]

[Au Pays des Merveilles]
Je jongle. Ma souplesse surprend, elle gonfle... mais elle enrobe. Mon élégante grandiloquence, c'est l'apanage d'un fou, une autre de mes névroses narcissiques.

Dans les mains les plus adroites, j'accomplis sans maladresse mon étude fantaisiste. On admire mes idéaux à plus d'un titre. Des sourires d'une douceur féline, l'humilité candide dans mes flirts d'arrogance et des élans de nostalgie lyrique : rien de plus qu'une censure freudienne. Dans l'excès, il n'en faut jamais beaucoup plus. Je vois rouge sur ma palette d'humeurs et j'envie ces caresses brèves et frénétiques que me valent mes apparentes fragilités de Peter Pan. Je m'envole, je m'envole, je m'en vole bien de ces empathies vertueuses. Est-ce là la compassion? Cette molesse pour précieux? La pommade pour peaux sensibles? La flatterie pathétique? Un bon sentiment comme je les aime en fait : de la gourmandise acidulée au possible, une pastille à sucer bien gentiment, une feinte homéopathique pour finalement rappeler à chacun, et ce de façon entendue, que l'on fait tous abstraction de ses propres états borderline.


credits: narcissism_by_themerale
# Posté le jeudi 06 décembre 2007 18:38

[Le Journal] [Des Précipitations]

[Le Journal] [Des Précipitations]
Quand je me suis réveillé hier matin, j'ai bien cru un instant que mes mains s'abandonneraient à nouveau à courir à travers les sillons impassibles de ton visage. Toute raison défenestrée à vol d'oiseau, entre toi et moi serait réapparu notre éternel lieu commun: ce labyrinthe hivernal tracé à pas malhabiles dans une neige de Mars. Comme une blessure coupable, ma peau se serait brûlée d'effroi dans une frisson vain et c'est sous des dehors de lendemains pluvieux que j'aurais consommé ma peine à renfort de breuvage irascible, gueulant au ciel des injures ancestrales et écrasant sa blancheur immaculée en boue bien réaliste.

Quand je me suis réveillé ce matin pourtant, j'ai ravalé mes dernières sueurs froides. J'ai senti la nostalgie m'envelopper de son manteau impitoyable et j'ai laissé ses ondées me traverser de part en part. Blanchi de mes accalmies! Enfin! Enfin, j'ai pu murmurer sur cet épitaphe de glace, je t'aime au souvenir d'une giboulée.
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# Posté le jeudi 29 novembre 2007 11:49

[Le Journal] [En Voie d'Extinction]

[Le Journal] [En Voie d'Extinction]
Faire parler les fossiles est un travail complexe et analytique qui déborde de la simple observation systématique...

Avis aux paléontologues.




www.sciencesnaturelles.be
# Posté le lundi 26 novembre 2007 17:04

[Au Pays des Merveilles] [Ces vieilles machines]

[Au Pays des Merveilles] [Ces vieilles machines]
"This is the way you left me, I'm not pretending. No hope, no love, no glory, no happy ending. This is the way that we love, like it's forever then live the rest of our life but not together."

C'est l'industrie du Coeur. Le carburant nucléaire s'enflamme à belle allure sous l'élastique des humeurs. Un coup de pied dans la carlingue et la machine redémarre comme à la vieille époque. De l'huile de coude entre les rouages, c'est le temps qui glisse à l'envers...

Quand j'ai prétendu que l'outil était hors d'usage, que le gadget rouillait d'inertie, qu'il s'était abimé par un bel été de canicule, et bien j'ai menti. Je n'ai jamais rien voulu entendre de la mécanique. Tous ces crissements... Ta voix qui vrombit au concours de silences devenus délicieux : tsss... Rien de plus qu'un bruit de ferraille.

Je n'ai jamais rien voulu comprendre à la mécanique et pourtant, je suis maintenant convaincu d'une chose: quand un moteur pourrit, il suffit de se dire que nulle pièce n'est irremplaçable.

:)

artworks and happy ending lyrics by MIKA
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# Posté le samedi 17 novembre 2007 15:16
Modifié le samedi 17 novembre 2007 16:05

[Au Pays des Merveilles] [Anacoluthe]

[Au Pays des Merveilles]
Anacoluthe, c'est la rupture violente.

A ce couperet syntaxique, j'adresse un testament. Passé sous silence entre deux virgules, je tente à nouveau de me dérober à l'emprise du sens... De l'intuition, je me mords la lèvre et en goûte avec amertume ce qu'il me reste de sang froid. Pas de saveur, pas de raison. A trop souvent se coiffer d'un point-virgule, on en oublie les singularités du langage... On se crée un point de croix, on s'accessoirise une relation et on brode autour en espérant ne plus en découdre avec les bouloches de notre conscience.

Incohérent comme une figure de style, je tricote sans logique des monceaux de tissus artificiels. Je me bande les yeux, fais dans la découpe et me retrouve à laisser filer aux quatres aiguilles mes rubans de gestes décousus. En solécisme pour ma rhétorique amoureuse, je me déshabillerais bien définitivement de ces douteux anacoluthes.



# Posté le mercredi 07 novembre 2007 16:41