[Au Pays des Cauchemars] [Le Prince Charmant]

[Au Pays des Cauchemars] [Le Prince Charmant]
Je suis un Prince Charmant.

Cette phrase assénée comme une évidence, m'éclate dorénavant au visage comme la pustule muqueuse d'un amphibien en période de sécrétion. Un phénomène des plus mystérieux s'il en est puisque d'un grand sang froid, généralement, s'écoule ma belle allure si chevaleresque, cette placidité maladive qui creuse mes joues désechées d'une prison de stéréotypes...

Ma Beauté d'abord! Les légendes racontent que seuls mes membres les plus palmés m'attachent encore aux deux mondes que je daigne cotoyer, perché sur mon nénuphar à plus d'1m72 du sol au moins. En élitiste indécis, jamais trop sec, ni trop mouillé, je reste prisonnier d'un sortilège de déshydratation. J'avance pour mieux reculer, histoire de garder mes chaussettes humides et comme je suis bien incapable de prendre une décision rationnelle, je porte ma couronne à bout de cerveau et en aveugle pour faire honneur à mes obligations seigneuriales: c'est vrai, ils sont tellement nombreux les sujets qui viennent se présenter à moi dans un espoir de rédemption!

Ah, je les ai affrontés les périls des forêts de ronces; je les ai réveillées ces vieilles filles centenaires, ces souillons qui se croyaient princesses, ces bellâtres défraîchis qui feignent de s'assoupir au bois dormant alors qu'ils se font les ongles dans des cages en verre toute la journée, ces blanches neiges à la porcelaine frippée qu'on voudra encore nous faire passer pour des Peau d'Ânes! Balivernes! Moi, je suis un Prince Charmant et si vous n'en êtes pas convaincus d'avantage, laissez l'espace d'un instant vos idéaux au placard et venez embrasser ma triste réalité.




# Posté le mardi 30 octobre 2007 15:58
Modifié le samedi 03 novembre 2007 05:51

[Le Journal] [Tomber dans l'oreille d'un sourd]

[Le Journal] [Tomber dans l'oreille d'un sourd]
"La surdité est un état pathologique caractérisé par une perte partielle ou totale du sens de l'ouïe. Dans son acception générale, ce terme renvoie le plus souvent à une abolition complète de l'audition"

Parfois, quand j'ai envie de te parler... J'ai l'impression que le langage des signes serait une façon plus convaincante de susciter ton intérêt. En fait, tu n'entends pas forcément mal... Tu n'as simplement plus le vocabulaire, plus la disponibilité... Lire sur les lèvres, c'était ton jeu favori pourtant et là, tu fais de ma parole un total handicap. A fréquences répétées, tu me déci-bels à peine du regard. Tu m'as atteint, rendu aveugle... et maintenant sourd? S'il te plaît, prends une aide auditive la prochaine fois...

Quelle prochaine fois? C'est sans doute illusoire et toi tu l'as su plus tôt que moi. On ne peut décemment pas garder de contacts avec quelqu'un qui s'est fait amputer de toute perception humaine. Préserver des liens entre un sourd et un muet, à quoi bon? C'est ne plus rien entendre... Surtout pas une réponse qui ne viendra plus.

# Posté le jeudi 18 octobre 2007 15:21
Modifié le jeudi 18 octobre 2007 15:42

[Au Pays des Cauchemars] [Tuer le Temps]

[Au Pays des Cauchemars] [Tuer le Temps]
Si "le sommeil de la Raison engendre bien des monstres", j'ai tendance à croire que le réveil de ma raison engendre plutôt des montres...

Et c'est là... A ce moment précis que le rêveur, dans un sursaut d'inconscience, décide de s'aventurer au delà des parois de sa bulle. Malingre, cadavérique, vascillant, cerné et injecté de sang, le spectre prend forme aux détours des ruelles de blizzard ; il est cette sueur froide dégueulasse qui ruissèle aux retards des cadrans, un souffle lanscinant dans l'échine d'un lapin : la redoutée et fascinante nostalgie.

Le temps passe... tic tac, tic tac indique le stress post-traumatique. On rejoue les baisers à l'envers, on ressent les angoisses fièvreuses des flocons qui tombent vers le ciel, on vomit d'un haut-le-coeur toutes les reviviscences dont on arrivera plus à se défaire et on se retrouve finalement sens dessus dessous comme dans une boule à neige pressée de se fendre la blême figure!

Réflexe de survie, on prépare un collet... Stratagème pour pendules, un leurre étanche et irrespirable où l'eau congelée finira bien par noyer les chevauchées infernales du mammifère aux oreilles abominables...

credits : Francisco de Goya
# Posté le lundi 15 octobre 2007 16:33
Modifié le mardi 16 octobre 2007 16:21

[Au Pays des Merveilles] [Le Cauchemar]

[Au Pays des Merveilles] [Le Cauchemar]
"C'était il y a longtemps, bien plus qu'il n'y paraît,
Au coeur d'un univers dont les enfants rêvaient.
Et un jour arriva cette étrange aventure,
Dans le monde des fêtes, présentes et futures.
Vous êtes-vous demandé d'où provenaient les fêtes ?
Non ? Alors suivez-moi, voici l'entrée secrète...

Voulez-vous voir un monde étrange
Où l'on aime les démons et pas les anges ?
Suivez-nous, venez visiter
Notre magnifique cité.
Voici Halloween, voici Halloween,
Les citrouilles vont mourir de trouille !
C'est ça Halloween,
Tout le monde a mauvaise mine.
C'est normal ! C'est pour terroriser les fripouilles !
Minuit sonne... C'est l'heure du crime !
Bienvenue à Halloween !

Moi je me cache sous votre lit le soir.
Mes dents, mes yeux brillent dans le noir.

Moi je me cache sous votre escalier,
Doigts de serpents et cheveux d'araignées.

C'est ça Halloween, c'est ça Halloween !
Halloween ! Halloween ! Halloween ! Halloween !

C'est la ville de la nuit...
Les citrouilles chantent et les chauves sourient !

On plaisante, on fait des bêtises,
On ne sait pas quelle sera la prochaine surprise !

Au coin de la rue, il y a des inconnus
Qui surgissent des poubelles pour vous faire...

... Peur !

C'est ça Halloween !

Rouge et noir...

... Gélatine !

Quelle horreur !

C'est un enfer !
Par le feu, par la glace,
Il faut jouer à pile ou face
Et s'envoler à tombeau ouvert !

C'est la ville du crime ! C'est la ville du crime !

Bienvenue à Halloween !

Je perds la tête, quelquefois je l'arrache
Avant de disparaître dans un flash.

Je suis le mort qui prend le mors aux dents...
Je suis le vent qui vous glace le sang...

Moi, je me glisse comme une ombre noire
Et je transforme vos rêves en cauchemars !

C'est ça Halloween, c'est ça Halloween !
Halloween ! Halloween !
Halloween ! Halloween !

Y'a des enfants beaucoup trop sages...
On préfère ceux qui ont la rage !

On fait peur...

... Mais on se domine,

Dans le ville d'Halloween !

On plaisante, on fait des bêtises,

Tout le monde attend la prochaine surprise !

Si Jack le squelette,
Sans tambours ni trompettes,
Surgit dans votre dos,
Vous ne ferez pas de vieux os !
C'est ça Halloween !
C'est la ville du crime,
Bienvenue à l'épouvantable épouvantail !
Bravo Jack !
T'es un crack !
Vive notre nouveau roi !
Jack la gargouille
Est le roi des citrouilles !
C'est ça Halloween, c'est ça Halloween !
Halloween ! Halloween !
Halloween ! Halloween !

C'est la ville de la nuit...
Les citrouilles chantent et les chauves sourient !

Lalala...
Halloween ! Halloween !
Lalala...
Halloween ! Halloween !
Lalala...
Halloween ! Halloween... "

credits : L'étrange Noël de Monsieur Jack
# Posté le lundi 15 octobre 2007 14:57

[Au Pays des Merveilles] [Tirer... la Chasse]

[Au Pays des Merveilles] [Tirer... la Chasse]
Clandestin, tu es une plaie féconde. Partout où la fuite des cerveaux étend sa fièvre à grandes oreilles, tu pointes tes dents du bonheur dans un grand écart acrobatique. Dès le matin, tu te sens étranger au hurlement sonore qui te lacère le poil, toujours en sens inverse. Coincé entre la carotte et le baton, tu sors à peine de ta léthargie qu'on te dévisage avec aversion. Alors tu baisses le menton. Tu suis, tu sues, tu suces, tu baisses seulement la tête... et tu avances au pas. Aveugle de naissance, tu t'es vraiment pris pour un âne.

Tes chauds lapins, tu les sors d'un haut de forme et ce, sans aucune magie. Avec une ou deux "bunnies" sous le coude, on pense que tu te sentiras chez toi dans un terrier sans fond. Moins seul, habilement entassé dans un box étiqueté label de qualité, ton passeport, t'y auras droit sans trop de difficultés. La destination, tu la connais déjà : Ni ton Pays des Merveilles, ni ta cervelle, tu creuseras d'abord ta tombe en levrette, émigration à la mode dans toutes les positions, lavage standard de créativité, arche et prostitution. Moi, j'attends toujours le Déluge.

credits : Bunny Suicides
# Posté le dimanche 07 octobre 2007 13:07
Modifié le jeudi 11 octobre 2007 04:50